EGLISE IMMACULEE CONCEPTION

HELIOPOLIS, LE CAIRE, EGYPTE

SAINTS ET TEMOINS D'ORIENT

(1)

MARTYRS L'AUBE DU

TROISIME MILLNAIRE

Plus besoin de miracles!

Qui doute de hrocit des vertus

De quelqu'un qui verse le sang

Pour vouloir rester,

Pour vouloir aimer?

Ils ont aim leur peuple,

Commensaux de pain et de sel.

Des maux de leurs pays les curs pleins

Ils n'ont pas voulu partir!

Ils seront solidaires dans les peines,

Violence et mort

Endures par des milliers.

LES SEPT MOINES TRAPPISTES

Mme LUC, le vieux mdecin

Qui soignait leurs blesss

Prouveront qu'exposer la vie

Est plus digne que partir!...

Ils seront semence de vie,

Ils seront semence de paix.

L'Algrie flambe

Assoiffe de mort!

Mais un jour elle comprendra

Que ces habits empourprs

Transforms en drapeaux

Sont un signe pour eux!

L'vque d'Oran,

Homme du pays, pied-noir,

PIERRE CLAVERIE

Ne partira pas non plus!

"Sauver l'avenir

Avant de nous sauver, nous!"

La cathdrale pleine

Le jour des funrailles,

Des gens qu'il a aims

Dans leur credo diffrent,

Dira que "vivre avec"

Est possible en terre d'Islam!

Dans le camp de la mort

Religieux, religieuses,

(Ils sont dj dix-huit)

L'attesteront eux aussi!

Ici a vcu CHARLES DE FOUCAULD

Prtre et ermite,

Lui aussi victime,

Lui aussi tmoin,

Aux premires pages

De ce martyrologe moderne.

 


(2)

MADRE TERESA DE CALCUTTA

La gloire ne vient pas d'une exquise beaut

Ni jaillit de la fortune hrite.

La renomme n'est pas ne du pouvoir

Ni le souvenir de ton nom

D'une majest acquise.

C'est peine si I'on se rappelle

Ton Prix Nobel de la paix !

Beaucoup ne connaissent

Mme pas tes hauts faits.

Et pourtant

On consacrera une journe en Inde

Pour clbrer ton passage dans le sicle,

Un million escortera le cercueil,

Hindous, chrtiens, musulmans

Assembls dans la commune peine

Trouvant la concorde ton dpart !

La premire dame et la reine,

Ainsi que ministres et diplomates

Seront mls ce cortge sombre

Des parias anonymes, mlancoliques humains

Que tu as prfrs.

Ah ! Que c'est vrai, incontestable,

Ce que je dirai :

Ce soir, la terre est devenue plus pauvre,

Tes rayons sont bannis du taudis,

Sans toi, la table est moins servie !

Qui oublie ton mot lourd de tendresse :

"Donnez-moi les bbs que l'on refuse" ?

Ton amour sans jugement pour tout tre dchu

Ton regard sur le pauvre autre Jsus

Nous ont fait t'appeler MADRE.

Et Madre tu as t pour les mourants sans espoir.

Tu seras aux cts de Thrse d'Avila,

Et de celle de Lisieux,

Notre Teresa de Calcutta !

 

MOTHER THERESA OF CALCUTTA

The fame, I say,

From power is not born,

Your name will not be recalled 

Because of acquired glory.

People hardly remember

Your Nobel Peace Prize.

Neither from exquisite beauty        

Comes the honor

Nor from inherited riches

Arises the renown.

And so many don't know

                                                                            Even your high deeds.   

In spite of all that

In your country of choice

                                             INDIA

One entire journey will be consecrated

To celebrate your passage

                      Through our ailing Earth,

In which one million

Will escort your sacred coffin

Hindus, Christians, Muslims

Assembled all in common mourning
And finding harmony in your departure. 

The First Lady and the Queen                     

Diplomats and ministers   

Are there, among so many

Thankful people,

          A very gloomy crowd  

        Of anonymous pariahs,

        Melancholic human  

                                                                                    Which you loved

And preferred above all                                                     

The poorest men of the poor!

Here was your option,

Here was your heritage!

Ah! It is true, undeniable

What I'm now affirming: 

This evening, the Earth became more poor

Your rays are vanished from dirty rooms.

Without you, the dinner is not served!

Who can forget your words

So caustic but full of tenderness:

"Give me, I beg you, the rejected babies" ?!

It is your love without judgment

                  For all fallen humans,

It is your loved looks

                  At that wretched Lazarus

In which you saw Jesus,

It is surely that, the reason

   Of your sweet name MOTHER.

   Mother you were when your warm  hands

   Consoled the chilly bodies.

   Mother you were when your lovely words

            Comforted desperate souls.

            Mother you were when the unction

            Of your pure fingers

              Closed the eyes of dying beggars.

            Now you are 

            Beside Teresa d'Avila

            And Thrse de Lisieux

            Our blessed and unique

            Teresa de Calcutta!

 

 

 

 

 

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(3)

LA PASSION DE COMBONI

Comboni agonise

Un frisson d'angoisse, de peur

Fait trembler le Soudan

Secoue l'Afrique Centrale.

Tant de vies fauches

Par la malaria et les fivres

Missionnaires qui partent

Missionnaires qui meurent

Mais d'autres les suivront

Trs jeunes

Une ide, une passion

Leur vie ne compte pas:

Un jour cet homme avait cri

-L'Afrique Dieu ou la mort!

Qu'importe un demi sicle de vie

-Pas plus qu'un demi sicle-

Si la semence qui meurt

Produit des fruits innombrables?

Anouarite, Bakhita, Isidore

Ce n'est pas l'pope d'un homme

C'est un idal qui galvanise

Les rangs des nouvelles recrues

-Je meurs, mais l'uvre continue!

Les frontires du pays

Ont des limites lugubres

Que voici:

Les centaines d'esclaves

Morts au dsert

Carcasses affreuses au long du chemin

Survoles par des vautours

Indiquent la route

Aux nouveau rveurs

D'une Afrique paisible!

 Avant d'tre vendues

Des femmes, par centaines

Enleves sans dfense

Poussent des cris: Non! Non!

 L'Europe chrtienne

Avide de gain

Bafoue le nom divin.

Vains sanglots!

La sueur des Noirs

Arrose la fortune.

Comboni agonise

Mais d'autres sont dj l:

LAVIGERIE, MASSAIA, FOUCAULD,

DE MARION BRESILLAC

Le prtre anonyme

Aura aussi sa croix

Sur un rocher ignor.

Les Surs Blanches

Qui veillent trs tard

Au chevet d'un petit mourant

Sont au front, toujours, encore,

travers le Nil, les bois et les champs.

Martyrs qui n'auront jamais

Un souvenir sur l'autel

Mais le trne auguste

D'un cur africain!

 

Daniel Comboni est un des grands missionnaires de l'Afrique au XIX me sicle, fondateur de deux  instituts religieux  et premier vque  de l'Afrique Centrale.

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(4)

CLAVERIE

VIVRAS - TU CE SOIR?

Par fidlit  l'Algrie

Par fidlit Dieu                              Hommage Pierre Claverie,

Tu es rest.                                        Dominicain, vque et martyr,

Comme les sept moines                    tomb le ler aot 1996,

De la Trappe de Tibhirine                 et ses cts aussi

Et la suite des Pres Blancs,           son  ami  fidle,

Des Religieux et des Religieuses,       un jeune Algrien musulman

Tu n'es pas parti

Pour chercher l'entente

Au pays lacr

Un lendemain moins brumeux

Sans la furie de la haine

Eux et toi, solidaires,

Courant le risque fatal :

Rester, rien de plus imprieux

Maisvivras-tu ce soir ?

 

Sachez que le bon pasteur            

N'abdique pas son droit

Ni dserte -  la nuit -

Se drobant au pril.

Claverie, figure claire

Claverie, vque d'Oran

Claverie, clavier d'harmonie

Figure transparente

O se refltait le Trs-Haut,

O rayonnait clatante

L'Eglise de Jsus.

Il s'agit d'un choix  

Cote que cote

(Claverie, vivras-tu ce soir?)

Il ne faut pas flchir

C'est ma parole ultime :

Pour l'Algrie, pour son peuple,

On sera tmoin et martyr !

Que je prisse, qu'importe-t-il?

Pourvu que je sois

La cible dernire

Et parmi les avertisseurs

Qui rvent de justice

Le veilleur dernier !

 

Dpouill, dpossd

Il vit dj l'au-del :

Rong par le tourment

De la vrit tout prix

Parvenu au dnuement absolu

Faut-il encore lui ter

De l'espoir la menue flamme?

 

Merci, Prenns

Qui m'as fait survivre

Dans ton livre

Si touffu de vie et de vaillance

Si rempli de combats.

Condens senti et vrai !

Merci d'avoir ternis

Le bouillonnement insolite

De mes ides, rves et actions.

 

Merci, mon peuple

Qui n'oublies pas

Le sacrifice du frre

Qui a voulu compatir

Jusqu'au  bout compatir.

 

Merci, mon Dieu,

Qui as accept

Mon humble eucharistie

L'offrande du pain broy

Du sang vers

Volontairement vers

Ml l'autre sang

De l'ami fidle

L'algrien Mohammed.

Une explosion, et c'est tout.

Tomb muet au seuil d'une chapelle

O tant de fois je te parlais

Je t'aurais dit un dernier mot :

J'avais prvu, j'avais voulu...

Je pardonne, cela aussi !

 

                                     

                                            

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 (5)

Petite Soeur Magdeleine de Jsus

 

Je compte  chanter en vers

L'pope exaltante de la grande

Petite Sur  parisienne

Qui perd deux frres au front

Et devient la sur  de tout humain.

Elle  rve d'une vie au Sahara,

Cache, inconnue,

l'instar d'un autre gant

Notre hroque frre Charles

Le contemplatif du dsert

Qui suscite une file ininterrompue

De Surs ouvrires,

De Surs vivant avec des nomades,

Ou au milieu des Gitans,

Petites Surs parmi les Pygmes

Qui pouvait l'arrter?

Elle perce le rideau de fer

S'envole vers la Russie et la Chine.

Elle veut ses fillesarabes,

Orientales en Orient,

En Amazoniebrsiliennes!

Et s'il en faut

Sentinelles de la Justice

Dfendant les sans voix

Mais aussi et surtout

Seules avec Lui,

Au Tabordans un secret deux!

L'Esprit verse dans son cur

Le  feu d'un dsir jamais  rassasi

D'embrasser et d'embraser le monde

De le faire brlerde Son amour Lui

Et de son amour elle.

Elle demande ses Compagnes

D'tre divinement humaines

Et humainement divines,

Proches des exclus, trs petites,

Circulant en habits pauvres

Mais qui par l crient

Un bonheur de l'autre monde.

Qu'elles sourient et fassent sourire

Ah!  ces yeux  des Petites Surs

Qui refltent le sourire de Dieu

Sur un monde dsenchant,

En proie un redoutable dsarroi.

Petite Sur Magdeleine,

me avide et insatiable,

Qui veut tous les humains au ciel!

Elle ne cesse de rpter:

Me faire un avec l'autre

Avec constance, tnacit,

Afin que l'autre

Devienne moi!

De ses Petites Surs

Elle ne demande que la bont,

Que celle-ci soit leur apanage.

Qu'elles soient encore

Immensment bonnes,

Profondment bonnes,

Infiniment bonnes.

Et, en plus,

Qu'elles n'oublient point

Le devoir imprieux

D'une immolation continuelle

Pour les autres, pour les lointains

Qui n'ont pas eu la chance

De connatre le Cur,

Ce grand cur ouvert

D'un Dieu fait homme!

Qu'elles se laissent envahir

Par un torrent d'esprance

Dans le Tout-Petit, matre de l'impossible,

Et en Marie, toile conductrice

La confidente de leurs rves

Afin d'arriver un jour

Aux quatre coins de la terre,

Portant la nouvelle Eglise

A son originale ralit:

Le corps divin, monde indivis,

Du compatissant Fils de l'Homme!

"Dieu m'a prise par la main,

et aveuglment  j'ai suivi"

Petite Sur Magdeleine de Jsus

Fondatrice des Petites Surs de Jsus

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(6)

TASSIR, L'ENFANT DE BAB  EL LOUK

LE PETIT PROPHTE

J'ai trouv dans ma bibliothque, parmi les nombreux livres qui m'ont t offerts ces dernires annes, l'histoire mouvante d'un enfant gyptien, Tassir Tanios Assadorian, fils de Yacoub et de Marcelle.

En date, lieu et circonstances bien diverses des cas de plusieurs enfants que j'ai connus au Brsil et sur lesquels j'ai dj crit dans "le Messager", Tassir  a vcu la mme exprience de tant d'enfants qui ont su comment affronter les maladies. Il est vrai que la grce a opr de faon presque miraculeuse dans ces cas. Mais la correspondance et la docilit de ces enfants qui n'ont pas mis d'obstacles l'action divine impressionnent les tmoins.

Tassir  est n au Caire le 3 janvier de l'anne 1943, donc bien loin des nouvelles gnrations de nos lecteurs.  C'est aussi  au Caire qu'est dcd notre hroque garon, plus prcisment Bab El Louk, le 20 juin de l'anne 1956, peu de temps avant de complter ses 14 ans.  Son pre tait armnien orthodoxe et sa mre armnienne catholique.

Quand il comptait peine 5 ans et demi, il a t atteint et prouv durement par une atrophie musculaire progressive, une maladie  ingurissable  selon les mdecins de l'poque.  Cette maladie  a oblig notre Tassir vivre pendant les huit annes suivantes sur un lit, jusqu'au jour de sa mort. Avec le temps, de nombreuses plaies lui couvrirent le corps et il avait d mme  subir l'amputation d'une jambe. Devant cette ralit, cet exceptionnel garon a crit un jour dans son cahier de notes: "J'ai sept plaies, exactement comme le Christ je suis comme Job. Le Seigneur m'a enlev  les jambes  mais,  malgr cela, je bnis le Seigneur".

Ce cahier qu'il nous a laiss nous rvle ses sentiments intimes et nous renseigne sur les prires qu'il composait et rcitait. Il n'avait  presque rien tudi, tant empch par sa sant extrmement prcaire. Les deux annes seulement qu'il a  pu tudier, il les a passes au Collge des Jsuites et au Collge des Frres de la Salle. C'est chez les Frres qu'il a fait sa Premire Communion.

Il a laiss, au dire de ceux qui l'ont connu, un message pour l'humanit. Malgr sa maladie, jamais on a entendu un seul mot de plainte ou de rvolte. Au contraire, le sourire l'a accompagn jusqu'au moment de sa mort. Un de ses collgues, musulman, a mme fait une observation ce sujet: "On pouvait passer des heures l'entendre; c'est toujours dans la joie que cet enfant nous parlait".  Un autre comportement attirait l'attention de ses amis: c'tait une exquise  sensibilit en ce qui concerne le problme de la dsunion entre les personnes. Sa mre  a mme parl  de son "esprit cumnique", chose rare chez un enfant. "En fait, affirme sa mre, il embrassait le monde entier dans un esprit oecumnique. Il ne pouvait  pas accepter  la dsunion entre les personnes, tant donn, pensait il, que tous sont des frres et des surs dans le Christ".

Et par rapport aux musulmans, son comportement tait toujours fraternel. Sa mre nous relate un fait qu'illustre bien cette attitude d'ouverture envers les musulmans. Un jour elle avait amen ses enfants dans un club. un certain moment, elle s'est aperue qu'il avait chapp sa vigilance. Elle s'est mise alors le chercher partout, trs proccupe. Le cur serr, elle a parcouru plusieurs endroits, jusqu' ce qu'elle le trouve au milieu d'un groupe qui l'coutait attentivement.  Un monsieur qui se trouvait parmi les assistants demande sa mre: "Il est votre fils ?". Elle rpond positivement. Alors il s'exclame: "C'est un petit prophte!".  Et  ensuite  il lui explique ce qu'il entendait par ces mots. Il avait demand a Tassir quelle tait sa religion et sa rponse a t surprenante: Est-ce que ce n'est pas Dieu  qui m'a cr?  Est-ce que ce n'est pas Dieu qui t'a cr aussi?  Je suis chrtien, mais si Dieu nous a tous cr, alors nous sommes tous des frres. Ne posez plus cette question personne".

Une autre attitude propre Tassir, qui n'est pas tellement commune chez les enfants, c'tait le fait de penser avec amertume ceux qui vivent loin de la grce de Dieu. Un prtre qui l'a bien connu nous a donn sur lui un tmoignage significatif: "Tassir tait transparent comme le cristal Il tait sensible la situation de tant de gens qui vivent en tat de pch".

L'auteur anonyme du livre "Sabi oua jassadouhou" (L'enfant et son corps), une biographie sur Tassir, nous raconte que cet  enfant avait l'habitude d'offrir ses souffrances pour les pcheurs et pour ceux qui n'ont pas la foi

Sa Batitude le Patriarche Armnien Catholique, Ignatios Boutros XVI Batanian, dans la prface du livre, nous rappelle la phrase du Christ: "N'avez-vous, jamais lu ce texte:   Par la bouche des tout-petits et des nourrissons, tu t'es prpar une louange?" (Mt 21, 16).

Son esprit  tourn vers les autres tait une caractristique qui l'accompagna pendant les 8 ans de sa maladie. Pre Chalour,  directeur de l'cole copte de la rue Souleiman Pacha, qui accompagna de trs  prs l'itinraire spirituel de l'enfant, se rappelle que, la premire fois qu'il l'a visit la maison, Tassir l'a vivement impressionn.

"Ds qu'il m'a vu, raconte le prtre, et avant mme que je lui demande comment va sa sant, il m'a remerci de la visite et m'a pos des questions sur ma sant, me parlant ensuite de Dieu. Il tait toujours ainsi, notre Tassir. la fin, c'tait le visiteur qui sortait consol; on ne savait pas qui tait le malade et qui le bien portant. Il ne me demandait mme  pas pour prier pour sa gurison. Pour Tassir, il tait  suffisant, comme il disait, que je prie pour lui et pour sa famille Ses sujets prfrs  taient Dieu, l'Evangile, la Vierge Marie, le Ciel"

Cet enfant qui de la vie n'a presque connu que la maladie, dsirait voir les autres heureux,  sans jamais se proccuper de son tat de sant; il ne parlait  jamais de ses douleurs ni de soi-mme. Et dans les moments de douleurs, il ne faisait que rpter les mots: "Notre pre qui tes au cieux".

Tassir a t le miracle de la grce,  qui opre dans l'intime des curs qui ne mettent pas d'obstacle aux ralits spirituelles. Les annes se sont coules et on parle rarement de Tassir. La nouvelle gnration ignore  mme son existence sur la terre.  Aujourd'hui, cependant, il suffirait de nous souvenir de son nom et de sa vie pour que nous puissions glorifier Dieu pour Sa puissance et Son action.  "Qui a pch pour qu'il soit aveugle, lui ou ses parents?"  C'est la demande pose par quelqu'un Jsus propos de  l'aveugle de naissance. Et Jsus a rpondu:  "Ni lui ni ses parents. Mais c'est pour que les uvres de Dieu se manifestent  en lui !" (Jn 9, 3-4).  C'est en lisant l'histoire de Tassir que j'ai compris finalement cette phrase de Jsus. En fait, tous ceux qui l'ont connu, chrtiens ou musulmans, louaient Dieu pour les merveilles qu'Il oprait en ce petit malade et travers lui. Et tous ceux qui aujourd'hui entendent son histoire, n'auront  pas une exclamation diffrente sur les lvres. Ils diront: "Dieu soit lou!". Il est glorifi dans ses saints, mais surtout en ceux qui sont tmoins fidles de la croix de son Fils. Impressionnante, dans ce sens, a t son attitude peu avant de mourir. Il demande sa mre un crucifix. Elle le cherche et le place sur le corps de l'enfant. Les douleurs disparaissent comme par enchantement.  Une heure aprs, il perd conscience et part vers la maison du Pre.

 

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TAISSIR O MENINO EGPCIO

NOS SOFRIMENTOS O SORRISO

Encontrei em minha biblioteca, entre os livros que me foram ofertos nestes ltimos anos, a histria de Taissir Tanios Assadorian, filho de Yacoub et de Marcelle.

Em data, lugar e circunstncias bem diferentes, Taissir viveu a mesma experincia das crianas brasileiras, de Jobair, Suely, Marly, Cassiano fcil de aplicar aqui a frase do Evangelho que diz :

"O Esprito sopra onde quer "

Taissir nasceu no Cairo a 3 de janeiro de 1943 e morreu nesta mesma cidade, no bairro de Bab Louq, em 20 de junho de 1956, pouco antes de completar 14 anos. Seu pai era armnio ortodoxo e sua me armnia catlica. Quando contava apenas 5 anos e meio foi acometido de atrofia muscular progressiva, uma doena incurvel, segundo os mdicos de ento. Esta doena obrigou Taissir a viver num leito durante os oito anos seguintes at o dia de sua morte. Com o passar dos anos, o menino ia definhando, at que seu corpo se tornou uma nica chaga...  A este ponto o menino escreveu um dia em seu dirio : "Eu tenho sete chagas tal qual Cristo Eu sou como J. O Senhor me tirou as pernas, mas apesar disso eu digo:  Deus seja louvado!"

Taissir deixou-nos um dirio que um misto de sentimentos prprios e preces. Havia estudado pouqussimo devido a sua sade precarssima. Os dois anos somente em que conseguiu estudar, passou-os no colgio dos Jesutas de Faggalah e no colgio dos Irmos de La Salle. Nesta ltima escola fez a sua Primeira Comunho.

Deixou ele tambm uma mensagem para a humanidade. Malgrado a sua situao, jamais se ouviu uma nica palavra de lamento. Pelo contrrio, o sorriso o acompanhou at o momento de sua morte. Um colega seu, muulmano, at observou" que se podia passar horas a ouvi-lo; este menino conversava conosco sempre alegremente". E o que era mais impressionante, sobretudo levando em conta a sua pouca idade, que tinha uma sensibilidade especial para o problema da desunio entre as pessoas. Sua me chegou mesmo a falar de seu "esprito ecumnico" : "De fato ele abraava o mundo inteiro num esprito ecumnico. Nao podia aceitar a desunio entre as pessoas, sendo todo mundo irmos e irms em Cristo".

E com relao aos muulmanos, sua atitude era sempre fraterna. Sua me relata que um dia foi com os filhos a um clube. Havendo Taissir, nesta ocasio, escapado sua vigilncia, foi procura do menino, muito preocupada.  Percorreu diversos lugares, nesta busca aflita. Eis seno quando o encontra no meio de uma roda de muulmanos que o escutam atentamente. Um deles pergunta me: " seu filho ?" Ao ouvir a resposta positiva, este senhor exclama : " um pequeno profeta!" E explica em seguida o motivo da sua exclamao. Ao perguntar a Taissir qual era a sua religio, este respondeu : "No foi Deus quem me criou e no foi Deus quem o criou? Eu sou cristo, mas se foi Deus quem criou a todos, somos ento irmos! No faa mais esta pergunta a ningum!"

Outro sentimento que no nada comum em crianas, era o fato de se referir com mgoa aos que vivem fora da graa de Deus. Um padre que o conheceu dizia : "Taissir era transparente como cristal era sensvel situao de tantos que vivem em estado de pecado".

Diz o autor do livro sobre Taissir que ele oferecia suas dores e sofrimentos pelos pecadores e pelos que no tm f

Sua Beatitude o Patriarca Armnio Catlico, Ignatios Boutros XVI Batanian, prefaciando o livro, relembra a frase de Cristo : "No lestes que da boca das crianas e dos bebs que vem o louvor ?" (Mt. 21, 16)

Seu esprito voltado para os outros era uma caracterstica que o acompanhou durante todos os 8 anos de doena. Padre Chalour, diretor do colgio copta da rua Souleiman Pacha, que acompanhara de perto o seu itinerrio espiritual, lembra-se de que na primeira vez em que o visitou, ficou muitssimo impressionado.

"Logo que me viu, conta o padre, e antes que eu me informasse sobre o seu estado, agradeceu-me a visita e perguntou-me sobre minha sade e me  falou de Deus No se referiu em nenhum momento sua doena Era sempre assim Taissir. No fim, o visitante que saa consolado; no se sabia quem era o doente e quem o sadio. E nem me pedia para rezar pela sua recuperao. Para Taissir era j suficiente, como ele dizia, que eu rezasse por ele e pela sua famlia Seus assuntos prediletos eram Deus, o Evangelho, a Virgem Maria, o Cu"

Este menino, que no conheceu da vida seno o sofrimento, desejava ver os outros felizes, jamais se preocupando com o seu estado de sade e nem sequer falando de si mesmo e de suas dores. E nos momentos de sofrimento, algum observou, repetia no raras vezes as palavras: "Pai nosso que estais nos cus!"

Taissir foi o milagre da Graa, que opera no recndito dos coraes que do passagem ao espiritual. Os anos passaram, pouco se fala de Taissir, mas basta uma simples lembrana do seu nome e da sua vida para glorificarmos a Deus pela Sua potncia e ao. "Por que ele nasceu assim?" Perguntaram a Jesus a respeito do cego de nascena. E Jesus respondeu : "Para que nele se manifestem as obras de Deus". Lendo a histria de Taissir compreendi finalmente esta frase do Evangelho. De fato, todos os que o conheciam, cristos ou muulmanos, louvavam a Deus pelas maravilhas que Ele operava nesta criana. E todos os que hoje ouvem a sua histria nao tero outra exclamao nos lbios. Diro : Deus seja louvado! Os desgnios de Deus so imperscrutveis ! Ele glorificado nos seus santos mas sobretudo naqueles que so testemunhas fiis da cruz de Seu Filho, nos sofrimentos aturados em unio com os do Seu Filho na cruz. Impressiona a sua atitude pouco antes de morrer. Pede me uma cruz. Ela procura em torno uma cruz, coloca-a sobre o corpo da criana. As dores desaparecem como que por encanto. Uma hora depois Taissir perde conscincia e parte para a casa do Pai.


(7)

Dr. Boutros Casssab

L'Aptre de la Haute-Egypte

Personne autant que le Dr. Cassab n'a travaill dans I'Action Catholique, ce champ nouveau de l'apostolat des annes 40. Il devint l'me de cette Association par son activit et son dvouement; aussi est-il vrai que l'Association Catholique de la Jeunesse Egyptienne allait devenir sa vie, selon le tmoignage de Mme. Cassab: "Quand je lui disais de faire attention sa sant et ne pas trop dpenser ses nergies, il rpondait: "Tu me demandes l'impossible: l'Action Catholique est ma vie".

Dans le livre publi en 1946 sur les mouvements apostoliques en Egypte se trouvent mentionns les responsables de ce Mouvement: son prsident tait Magdi Doss; son secrtaire gnral, Elie T. Boulad. Venait ensuite la liste des membres de la Direction: Albert Aclimandos, Gabriel Azzam, Fouad Arif, Henri Demarkar, Dr. Pierre Cassab, Selim Assaad, Adli Abdou Chenouda, Jean Haddad et Georges Cassir. Parmi les sept sections affilies se trouvait celle de "Tewfikieh", qui se runissait au "Cercle de la Jeunesse", 15 Rue Emad El Dine, avec pour secrtaire Dr. Pierre Cassab.

Malgr ses occupations nombreuses, et les impratifs d'un foyer, il voyageait constamment travers la Haute - Egypte, qu'il disait tre "le cur de l'Association". Dans sa valise, il emportait plus de livres que d'habits. On l'a appel "l'aptre de la Haute-Egypte" (Pre Samuel Habib, cur de l'Eglise Al Morkossia de Ismaylia). Celui-ci se rfre galement sa "voix prophtique" (Cf. Bulletin publi l'occasion de la dixime anne de la mort de Dr. Cassab, intitul "Al Gounoun al Rassouli", 24/3/1996).

Trs significative l'observation du Pre Alphonse Gibrail, franciscain: "On dirait que le Sacrement de la Confirmation a eu en lui toute son efficacit: il tait un chrtien combatif un haut degr! La droiture, voici une grande vertu de Boutros Cassab. Quelquefois il pouvait mme froisser quelqu'un avec son amour de la vrit ... ".

Sa vie prouve qu'il y avait cohrence entre ce qu'il disait, "prchait", et ce qu'il faisait, et cela lui confrait l'autorit morale lui permettant de dire aux gens la vrit. "I1 se rfrait avec amertume aux chrtiens qui ne vivent pas leur religion" (Nachaat Khouzam).

Sa mission l'appelait partout. I1 allait Tahtah parler aux jeunes, il allait Kena, Komombo, il est all a Louxor, Assouan, encourager, aider, former une jeunesse apostolique. Dans chaque coin de la Haute-Egypte il y avait un groupe de l'ACJE stimuler. On comptait environ 35 sections, seulement dans la Haute-Egypte, dans les annes 50.

I1 possdait le charisme d'attirer et rassembler les jeunes. La diffrence d'ge ne l'en sparait pas et cela jusqu'a la fin de sa vie.

Nous avons demand Zakariah Galoua pourquoi Boutros Cassab attirait les jeunes. Lui qui le connaissait depuis sa jeunesse nous a rpondu: "I1 me semble que nous pouvons en donner deux raisons: tout d'abord sa confiance illimite dans les possibilits d'action des jeunes, qui peuvent, estimait-il, changer la socit, et puis sa foi dans la mission de l'Eglise dans le monde. On peut aussi ajouter sa personnalit forte, courageuse, transparente, sincre, un homme qui parlait avec loquence, avec le cur et, qui plus est, souligne-t-il, sa parole allait toujours de pair avec l'action, ou mieux, puisait sa vrit et sa force dans l'action. On comprend ainsi qu'il parvenait parfois rassembler 2 3 mille membres de l'ACJE soit chez les Jsuites de Faggalah, soit Saint Marc chez les Pres des Missions Africaines de Choubra".

A la fin de sa vie, Boutros marchait avec difficult, s'appuyant sur une canne. Mais cela ne l'empchait pas de continuer son travail apostolique. En fait, il est mort "sur la brche", au retour d'une runion au Sad.

Boutros Cassab tait ouvert l'gard de tous les Rites et des diffrentes Confessions chrtiennes. C'tait l une des caractristiques les plus saillantes de sa personnalit.

Pendant la Semaine de prires consacre l'unit des chrtiens, Dr. Cassab ne manquait pas d'y participer. Elles se font chaque jour dans une glise diffrente, catholique, orthodoxe ou vanglique, pour souligner le caractre cumnique de cette clbration. "Eh bien, nous dit Azmi Morkos, il me prenait avec lui, et se rendait l'glise indique, mme si elle tait loin de l o nous habitions. J'admirais sa large ouverture d'esprit ".

Sa sur religieuse, Barbara de Jsus, ajoute: "I1 m'a appris avoir une me cumnique. Les rapports entre Orthodoxes et Catholiques avant le Concile Vatican II n'taient par trs chauds. I1 fallait se compromettre ... Mon frre Michel avait le mme esprit d'ouverture. I1s n'avaient pas peur de faire le premier pas".

Son esprit d'ouverture et d'accueil s'tendait aux non chrtiens et d'abord aux musulmans, bien avant que le Concile Vatican Il ait entrepris officiellement le dialogue entre l'Eglise Catholique et les autres Religions.

"Boutros et Michel (celui-ci aussi avocat et ancien Directeur Administratif des Antiquits Egyptiennes) m'ont beaucoup appris sur la bonne entente que l'on doit avoir avec les musulmans. I1s les traitaient avec beaucoup de dlicatesse sachant que l'amour suscite l'amour. I1s prnaient le pardon comme antidote aux malentendus. Quand Michel dcda, l'anne 1954, un cheikh, venu prsenter ses condolances, s'est exclam haute voix dans la salle: Ya Michel Cassab ! Ya massihi ! Allah yi'addes ruhak! (Oh Michel Cassab ! Oh chrtien ! Que Dieu sanctifie ton me!). Ces deux frres m'ont appris respecter les musulmans.

Nous connaissions Louis Massignon et Mary Kahil, ces deux personnalits qui ont beaucoup travaill au dialogue entre Chrtiens et Musulmans. J'ai fait partie de la Badaleyya, cette association qui vise la bonne entente entre les croyants des deux religions".

C'est a la paroisse grec - catholique de Notre Dame de la Paix , Garden City, que fonctionnait le Centre d'Etudes de Dar El Salam . Le Centre avait commenc dans les annes quarante. Un bulletin publi en l'anne 1956 ("Dar Al Maaref") nous parle de son objectif principal:

"Voici plus de quinze annes que le Centre d'Etudes de Dar El-Salam s'est propos d'tre au Caire un foyer des rencontres et d'changes entre l'Orient et l'Occident, entre traditions et valeurs chrtiennes et culture islamique.

I1 oeuvre en ce Carrefour mditerranen pour se maintenir au coeur du renouveau de la pense des pays arabes.

La perspective axiale qui se dgage d'anne en anne oriente ses auditeurs, chrtiens et musulmans, vers la formation d'une lite intellectuelle".

C'est l que prononaient leurs confrences des penseurs renomms europens et gyptiens tels que Maurice Zundel, Louis Massignon, Gaston Zananiri, Henry Ayrout, Ren Voillaume, Louis Gardet, Naguib Baladi, Maurice Villain, Magdi Halim Doss, Serge de Beaurecueil, Khalil Moutran, Dr. Michel Youssef Farah, Dr. Ibrahim Madkour, Congar, Boutros Ghali, Adel Ghadban ... Bien d' autres noms devraient tre cits qui ont honor la chaire de Dar El-Salam, cette poque d'or de l'Eglise Catholique en Egypte.

Frquentant le Centre d'Etudes, Dr. Boutros Cassab a pu se rendre compte de la vitalit du mouvement intellectuel de l'Eglise Catholique. Ce mouvement intellectuel ainsi que le ct pastoral et spirituel de 1'Eglise Catholique de son temps, atteste Mme Andre Cassab, auraient une influence dcisive sur sa vocation laque.

Boutros tait aussi membre de Ikha'ed-Dini (Fraternit Religieuse) et l'un de ses fondateurs avec Mary Kahil, Pre Georges Anawati et Dr. Abdo Salam. Ikha'ed-Dini, fonde en 1975, se runit jusqu'aujourd'hui l'Eglise Sainte Marie de la Paix Garden City, anime par le cur grec-catholique l'Archimandrite Xavier Eid, hritier et excuteur du testament spirituel de Mary Kahil. Cette association rassemble chrtiens et musulmans en vue d'un dialogue sincre et d'une meilleure connaissance mutuelle. C'est aussi dans cette Association que le Pre Georges Anawati, dominicain islamologue, fait plusieurs confrences.

Mlle Soraya Abou Nasr qui encore de nos jours fait partie de Ikha'ed-Dini se souvient de Boutros Cassab: "Il avait toujours le sourire aux lvres; exempt de fanatisme, il avait dans le coeur l'esprit de fraternit".

11 y a quelques annes le Vatican et l'Azhar ont form un comit pour le dialogue. Boutros et Michel Farah ont reprsent l'Eglise Catholique. C'est un comit qui, h1as, n'a pas eu longue vie, mais qui renat aujourd'hui sous une forme mieux organise et plus officielle.


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La Spiritualit du Pre Docteur Henry Ayrout

Jsuite, fondateur de l'Association des Ecoles

Gratuites de la Haute Egypte

Si la Foi tait une de ses vertus clatantes, l'Esprance ne venait pas moins en vidence dans son action. L'action elle-mme devient Esprance, ainsi comme le chrtien lui-mme est dj esprance pour l'humanit.

Il pouvait ainsi rpter aux membres de "La Flamme" une autre fondation de notre minent aptre, des paroles d'encouragement, quand les rsultats n'taient pas vidents:

"Allez, mes enfants, que rien ne vous arrte C'est au moment o l'on croit que tout est perdu et que la russite est impossible, que vos efforts sont bnis et pleinement rcompenss par Celui qui ne se laisse pas vaincre en gnrosit" (Tmoignage de Mme Rne Phars, dans "20 Ans aprs").

Certains, sans vouloir dmentir le rle et le mrite de tant d'ouvriers de la premire heure (Franciscains, Jsuites, les curs pleins de zle des villages de la Haute Egypte), ne mesurent pas leurs mots pour louer aussi son action inlassable et efficace de pionnier. C'est ainsi que Dr. Bouchra Kozman, de la paroisse Cur de Jsus d'Hliopolis, le compare Saint Jean Baptiste de la Salle pour l'Egypte. Il affirme cela en rappelant l'organisation et sa direction comptente de 128 coles gratuites de la Haute-Egypte, travail par lui assum dj au dbut des annes 40, au moment o le Gouvernement lui-mme n'avait pas encore commenc s'intresser de manire systmatique au dveloppement culturel dans cette partie du Pays. Dans sa rencontre en compagnie du Patriarche grec- catholique Maximos IV Sayegh avec le Prsident Gamal Abdel Nasser, le 9 avril 1964, celui-ci accueille le Pre Ayrout avec des mots surprenants: "Tu as fait la Rvolution avant moi !" (Rencontre rapporte dans "40 Ans aprs").

Madame Jeannie Agouri Ghali le comparait Saint Marc, celui qui on attribue la premire vanglisation de l'Egypte. Elle a dit propos du Pre Ayrout: "C'est le prtre par excellence, envoy par Dieu pour rallumer le feu du Christianisme en Egypte. Nous le considrons comme un autre Saint Marc". Quant Mr. Pierre Chiha, qui est fier d'avoir eu dans le Pre Ayrout un ami fidle de la famille, il est "un homme de valeur, rempli de la grce de l'Esprit Saint, semblable aux aptres".

Encore est-il compar Saint Athanase, Patriarche d'Alexandrie. Le Pre Pruvot, jsuite lui aussi, animateur spirituel de l'Association, dit trouver des ressemblances entre les deux vies et les deux hommes. Il voque alors "le caractre indomptable" d'Athanase et "la tnacit dans l'action (d'Ayrout) au risque de se faire des ennemis tenaces"; il parle de "la passion de l'Unit de l'Eglise" de ces deux aptres; finalement, il compare Athanase et Ayrout dans leur profond amour pour l'Egypte: le premier, quoique grec de culture et de mentalit "tait en contact avec les moines d'Egypte et a crit une "Vie de Saint Antoine", pre des moines; le second parcourt la Haute-Egypte, et est authentiquement gyptien, malgr sa formation fortement occidentale" (dans la revue "Eux et Nous", septembre 1969).

Sur Maria Theresa Joy, Religieuse du Sacr-Cur, Hliopolis, nous a laiss une trs belle page sur son esprit apostolique, persvrant et tenace. Son tmoignage est de grande importance pour nous faire comprendre que la vertu de l'Esprance ne nous laisse pas nous dcourager dans notre action apostolique en vue du bien de l'Humanit: "Il semblait ne pas pouvoir tolrer qu'on s'arrte, qu'on en reste au mme point, qu'on n'avance pas mieux. Je l'ai d'ailleurs entendu, plusieurs reprises, rpter:

"Il faut vivre fond, mme quand on tombe, quand on succombe, c'est fond qu'il faut le faire, c'est alors qu'on se redresse pour de bon" ... Vivre fond faire les choses jusqu'au bout, avec le dsir de donner plus, d'aller plus

loin, comme le rappelle une de mes compagnes, faisant de lui un "extrmiste" dans le meilleur sens de ce terme "Qui perd sa vie".

C'tait bien cela ce que le Pre Ayrout faisait de la sienne. Et, comme Jsus, il en est mort".

Il tait bien conscient des difficults normes qu'il pouvait trouver dans sa mission, mais le dcouragement n'existait pas dans son dictionnaire. Eugne Porret nous a rappel une parole de Confucius, le plus clbre philosophe de la Chine (551-479 av. J. C.) que notre aptre Ayrout rptait souvent: "Il vaut mieux allumer une chandelle dans les tnbres que pleurer toute la nuit sur les tnbres "(Dans "20 Ans aprs").

La Spiritualit du Pre Docteur Henry Ayrout

Dans la brochure commmorative des 20 ans du dcs du Pre Ayrout (1969-1989), nous avons cueilli quelques tmoignages significatifs sur son esprit cumnique.

Sur Jeannie Agouri, Religieuse du Sacr Cur , nous parle de la contribution du Pre Ayrout dans le domaine cumnique:

"Avant Vatican II, qui a ouvert une porte sur le dialogue cumnique, le Pre Ayrout a appel les Protestants et les Orthodoxes former un seul corps avec nous. C'tait une collaboration entire et en mme temps amicale".

Simone Tagher ne mesure pas ses mots:

" son poque il a t super- cumnique. J'ai assist souvent des runions laques avec des Protestants, car nous faisions le mme travail qu'eux en Haute - Egypte".

Yvonne Kapsopoulos Kahil, crivant de Fribourg, Suisse, nous rappelle une phrase du Pre Ayrout: "Chacun de nous doit faire des gestes cumniques". Et continue Mme Kahil: "Ce qu'il a fait sa vie durant".

Le Pre Ignace Sarkis, grec - catholique, nous a laiss son tmoignage: "Il tait trs bon pour moi; il me tlphonait pour m'inviter aux runions avec les Coptes orthodoxes dans lesquelles se trouvait l'Amba Chenouda, qui n'tait pas encore patriarche cette poque".

Le Pre Ayrout a ouvert des brches sans compter afin que puisse peu peu disparatre le mur sculaire qui sparait les Orthodoxes et les Catholiques. On pourrait ici rappeler toutes ses visites aux couvents et monastres Coptes et les messes qu'il y clbrait (au Sina, la Chapelle des Croiss, au Vieux Caire, dans la crypte de l'glise Saint Serge, et encore dans les couvents de la Mer Rouge ). Il faisait ces contacts sans pour autant oublier l'histoire. Ceci nous fait comprendre comment il tait conscient qu'ainsi faisant il revivait le pass chrtien de ce Pays. Quelqu'un se souvient de ses commentaires lors de sa visite Deir el Souriani, au Wadi Natroun: "Tu te rends compte que des moines syriens ont habit, tudi, pri ici pendant huit sicles, qu'ils ont particip l'panouissement de l'Eglise d'Egypte du IXme au XVIIme sicle et que c'est eux qui ont rebti les convents de la Mer Rouge, Saint Paul et Saint Antoine, dtruits par les Bdouins au XVme sicle, tant ils taient forts et nombreux?!

C'est surtout son rapport avec l'Amba Samuel et le Patriarche Kiryllos VI qui a t mentionn dans la Revue de l'Association du Sad "Eux et nous" dans son numro de Septembre 1969, ddi au Pre Ayrout.

L'Amba Samuel tait alors l'vque des services et relations publiques au Patriarcat copte orthodoxe ainsi que prsident du Conseil cumnique des Eglises en Egypte. Celui-ci nous rapporte un dtail important la page 14 de cette dition spciale de la Revue "Eux et Nous":

" chaque diffrend entre Catholiques et Orthodoxes, S.S. l'Amba Kiryllos VI faisait appel au Pre Ayrout pour en chercher les causes et mettre fin au litige, par son intervention".

Et la page 15 nous lisons:

"L'Amba Samuel a enfin dit la haute apprciation de S.S. Kiryllos VI pour le Pre Ayrout, et a conclu en soulignant les actes par lesquels le Pre Ayrout tmoignait de son esprit de fraternit envers l'Eglise copte orthodoxe ainsi que ses efforts pour dvelopper la bonne entente entre les diffrentes communauts chrtiennes".

Il est facile de comprendre comment, aprs la mort du Pre Ayrout, S.S. Kiryllos VI lui-mme organise dans la grande salle Morcossia de l'Amba Roueiss, une runion commmorative. cette occasion, plusieurs personnalits rappellent les hauts faits du religieux jsuite.

Entendons encore le Pre Xavier Eid. Il a crit son tmoignage quand il tait, en 1969, vice-prsident du Conseil cumnique des Eglises en Egypte.

"Ces dernires annes l'Eglise copte orthodoxe n'a pas trouv collaborateur plus efficient, plus dsintress que le Pre Henry Ayrout".

Il nous parle ensuite de la participation de celui ci des runions entre Orthodoxes et Catholiques, ainsi que de son intervention pour que le proslytisme prenne fin. Il nous raconte aussi comment le Pre Ayrout, tant Recteur du Collge de la Sainte Famille, mettait tous les vendredis une voiture du Collge la disposition de l'glise copte orthodoxe de la Sainte Vierge Zamalek.

Le Pre Xavier Eid n'oublie pas de rappeler les rapports du Pre Ayrout avec le Patriarche grec orthodoxe d'Alexandrie, sa Batitude Nicolas VI, ainsi que son action afin que Pques soit clbre ensemble et, finalement, son effort pour faciliter le voyage de la dlgation de l'Eglise copte orthodoxe Rome, afin d'obtenir le retour d'une partie des rliques de Saint Marc.

 

Articles et posies de l'Archimandrite

Maurice Khoury

( Monsenhor Maurcio Curi )

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